« Je suis Vates, Mage, Prophète, je suis voyant » : Poésie et vision dans la revue Le Grand Jeu

Autori

  • Corentin Bouquet Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

DOI:

https://doi.org/10.4454/4hxsvz79

Parole chiave:

Grand Jeu (Le), Vision, Voyant, Poésie, Négation

Abstract

Cet article explore le concept de voyance comme méthode de connaissance dans les œuvres des poètes du Grand Jeu René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte. S’appuyant sur diverses sources philosophiques, mystiques et poétiques, les deux poètes aspirent à la révélation collective d'un univers illimité par la recherche d'états de conscience extrêmes. Réintégrés dans une perspective initiatique, les auteurs se heurtent néanmoins à l'ineffabilité de cette expérience ascétique. De là se pose la nécessité de développer un langage poétique capable de suggérer le non-dit, au carrefour de la vision, de la sonorité et du rythme. L'utilisation d'images poétiques crée à ce titre une rupture linguistique, ouvrant un espace où émerge un autre langage, libéré des contraintes de l'énonciation. Le rythme du poème, proche de la danse, apparaît comme une tentative de résonance avec le lecteur, évoquant en lui l'expérience nécessairement incomplète du voyant. La parole poétique reste ainsi à l'état de germe - une incomplétude fondamentale du mystère à découvrir.

Pubblicato

2025-12-19